Intelligences animales et végétales - Cycle de rencontres

Une question de sensibilité

Découvrons comment la sensibilité des végétaux et des micro-organismes.

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Crédit : Jacques Tassin

Au sein d’un hôte, les bactéries pathogènes doivent, pour être efficaces, relarguer leurs facteurs de virulence au même moment. Nous découvrirons une des stratégies du monde bactérien pour y parvenir. Venez à la rencontre de Valérie MICHOTEY, professeure à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO - OSU Institut Pythéas / AMU, CNRS, IRD) et spécialiste en microbiologie.

Que peut-on donc dire de la sensibilité des végétaux ? Jacques TASSIN, chercheur au Centre de coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), nous parlera des végétaux comme sujets sensibles.

Faire preuve d’intelligence, c’est s’adapter à son milieu. Pour y arriver, être ouvert sur l’extérieur est une nécessité. Les animaux possèdent des organes sensoriels, organes spécialisés sur l’aspect sensible du monde. Les plantes sont, quant à elles, complètement ouvertes sur le monde, elles ne se représentent leur environnement qu’avec leur connaissance sensible - chez les plantes chaque cellule est sensible.
Question adaptation, les micro-organismes ne sont pas en reste : certaines bactéries sont ainsi capables d’avoir une sensibilité toute particulière leur permettant même de se compter entre elles. Cet aspect est une nécessité pour pouvoir attaquer son hôte efficacement.

Alors, cette sensibilité du monde végétal et des micro-organismes pourrait-elle être assimilée à une forme d’intelligence ? Nous vous invitons à en débattre à l’issue des interventions...

Mercredi 30 mai - 18:30

Espace Van Gogh, Place Félix Rey 13200 Arles

Intervenants

  • Jacques TASSIN,
    chercheur au Centre de coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD)
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Il s’intéresse principalement au « vivant végétal » comme objet d’étude, mais aussi comme sujet sensible, en présence et en interaction avec son milieu. De formation scientifique, il garde une affinité pour la poésie et la philosophie, il plaide ainsi pour la reconnaissance et la valorisation des approches sensibles du vivant. Il bénéficie d’un long côtoiement du végétal, en particulier dans des îles tropicales où il a séjourné plus de quinze ans. Actuellement rédacteur en chef de la revue scientifique et technique Bois et Forêts des Tropiques, il consacre beaucoup de son temps à la vulgarisation scientifique, sous forme de conférences, de sorties consacrées à l’écoute des chants d’oiseaux ou de publication d’ouvrages que vous pourrez retrouver en bibliographie.
Il est enfin spécialiste de l’œuvre de Maurice Genevoix, grand écrivain du monde sensible, auquel il a également consacré plusieurs ouvrages.

Résumé d’intervention :

La plante ou la présence sensible au monde
Le sensible est, pour les êtres vivants, l’une des voies premières d’entendement du monde. Chez l’homme, le sensuel, au sens premier du terme (qui est propre aux sens), complète et prolonge l’idéel ou le conceptuel. Chez la plante, dénuée de cerveau, tout demeure exclusivement sensible, et chaque cellule constitutive est capable d’avoir une perception sensible : elle perçoit le monde, de l’intérieur par la proprioception, et de l’extérieur par la perception. Le terme de sensible, si polysémique, ne doit cependant pas nous dérouter sur les chemins de l’anthropomorphisme. Du reste, pour être en inhérence au monde, faut-il nécessairement disposer d’un intellect permettant d’accéder, sinon à l’intelligence, du moins aux émotions ? Les plantes semblent bien témoigner du contraire.

  • Valérie MICHOTEY, professeure à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO - OSU Institut Pythéas / AMU, CNRS, IRD)
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« Je suis passionnée de sciences et particulièrement de biologie depuis mon plus jeune âge. Adolescente, j’ai assisté à une conférence d’Hubert Reeves à l’espace Le Méjan à Arles et la recherche s’est imposée comme une évidence pour moi. Suite à plusieurs rencontres et opportunités, j’ai réalisé des études d’ingénieur biochimiste et obtenu un master d’écologie microbienne à Lyon. J’ai poursuivi par une thèse en microbiologie en relation avec une entreprise à l’université de Rennes, sur une bactérie isolée du sol. Je me suis intéressée ensuite à des problématiques plus fondamentales de génétique au cours de mon premier post-doctorat à l’université de la Jolla en Californie, puis, aux déplacements bactériens sur une bactérie aquatique au cours de mon deuxième post-doctorat au CEA à Grenoble. J’ai ensuite été recrutée comme maître de conférences puis comme professeure des universités à l’université d’Aix Marseille, en écologie microbienne marine. Mes recherches sont principalement axées sur le rôle des micro-organismes dans le contrôle de diverses pollutions (azote principalement, gaz à effet de serre, hydrocarbure) mais également sur le déplacement bactérien et l’émission de lumière. »

Résumé d’intervention :

Comportement coordonnés chez les bactéries
Ils sont invisibles à l’œil nu. Malgré leur taille microscopique, les micro-organismes sont très importants aussi bien en nombre qu’en impact. Subissent–ils les conditions environnementales ou sont-ils capables d’adapter leur comportement ? Comment des êtres simples peuvent être capables de se protéger, d’avoir un comportement concerté et coordonné entre plusieurs cellules ou se diriger vers des environnements qui leur sont plus favorables ? Pourrait-on faire un parallèle avec des prémices d’une intelligence ? Ces thèmes seront abordés à travers quelques exemples sur le déplacement et la détection de l’abondance chez les bactéries.

Lieu : Espace Van Gogh
Adresse :

Place Félix Rey 13200 Arles