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Une nouvelle carte de l’eau sur Mars

Lundi 22 août 2022

Des travaux réalisés pour partie au sein de l’équipe « Systèmes planétaires » du LAM (OSU Institut Pythéas / CNRS – AMU – CNES) et de l’Institut Origines ont permis de fournir la première carte globale et à haute résolution des minéraux dits "hydratés" de la surface de Mars. Ces minéraux ont la particularité de s’être formés par interaction chimique entre la roche Martienne et de l’eau liquide, et ils contiennent bien souvent de l’eau piégée dans leur structure. Ce sont ainsi d’excellent traceurs des anciens environnements aqueux de Mars et des cibles exobiologiques de première importance.

Cette cartographie globale qui a pris plus de 10 ans à construire, met en évidence plusieurs centaines de milliers de sites d’altération aqueuse sur Mars, contre environ un millier connu auparavant. Surtout, elle révèle que la surface la plus ancienne de Mars (datant de plus de 3.7 Ga) est altérée par l’eau presque partout, modifiant notre vision de Mars ancienne. De nombreux sites minéralogiques ainsi découverts font l’objet d’études plus poussées de par leur haut potentiel scientifique, notamment dans le cadre de l’exploration in-situ de Mars. C’est ainsi que le site d’atterrissage d’Oxia Planum pour le rover ESA ExoMars a été découvert.

Sur Terre, certaines minéraux hydratés comme les argiles (phyllosilicates) ou des sels (sulfates) sont connus pour leur potentiel à séquestrer et préserver de la matière organique, notamment dans des contextes géologiques sédimentaires. L’identification sur Mars depuis l’orbite de sites à la composition et géologie similaire en font d’importants candidats à l’exploration de la matière organique sur Mars et de son potentiel exobiologique. A terme, cette carte minérale servira à mieux contraindre la quantité d’eau Martienne piégée aujourd’hui dans ses roches, afin de répondre à une question clef de l’histoire de Mars : la planète a-t-elle "bu" l’essentiel de son eau dans ses roches ? Un autre objectif à long terme est fixé : proposer des sites d’atterrissage pour de futures missions humaines là où ces dépôts minéraux permettront l’utilisation de ressources in-situ via l’extraction de volatiles (dont l’eau) et comme matériaux de construction.

Contact :

John Carter, Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM / CNRS / Aix-Marseille Université)

Voir en ligne : Communiqué de Presse de l’ESA