#HistoiredeScience

Sonder l’univers lointain...

11 janvier 1967, la caméra PUV - embarquée sur une fusée-sonde - donne le premier cliché du ciel dans l’UltraViolet

Dans les années 1965, le rayonnement ultraviolet (UV) du ciel est pratiquement inconnu car inaccessible depuis le sol.

Le LAS entreprend de réaliser une couverture synthétique du ciel par des caméras à très grand champ, méthode qui fut initialisée par Georges Courtès dès 1952 et adaptée en 1965 au programme fusées-sondes avec la Caméra Diurne (1967). Il met en œuvre pour mener à bien cette étude un système optique avec des images de qualité dans un champ étendu, de grande ouverture terminale et transparent en UV. Les diverses variantes de caméras élaborées pour les fusées-sondes (PUV et UVL, 1967), puis Janus (1972) et enfin la CGC pour Spacelab (1983, 1985) furent basées sur la même structure optique, avec une résolution angulaire bien adaptée aux détecteurs disponibles à l’époque, ainsi que les performances des lanceurs.

Caméra PUV telle que récupérée suite au vol du 11/01/1967 - Crédit : Service photo du LAS

26 février 2002, VIMOS (Visible MultiObject Spectrograph) obtient sa première lumière

VIMOS a fonctionné de 2002 à 2018 sur le télescope de 8,2m de diamètre no.3 du VLT « Melipal » de l’ESO. Réalisé par un consortium de huit instituts de recherche franco-italiens sous la responsabilité du LAM, il est assemblé entre 2000 et 2001 par les chercheurs et ingénieurs de ces instituts dans le hall d’intégration de l’Observatoire de Haute-Provence.

VIMOS permet à la fois l’imagerie et la spectroscopie des galaxies dans le domaine de longueurs d’onde du visible. Il permet de mesurer les distances et les propriétés d’un grand nombre de galaxies très lointaines, et donc de déterminer l’évolution de l’Univers. Il permet de mesurer, en une seule pose, les distances de plusieurs centaines de galaxies.

VIMOS a, entre autre, donné les distances de 55000 galaxies dans le cadre du grand relevé VIPERS. Cela a permis de produire une vue remarquable de la distribution à 3-dimensions des galaxies alors que l’Univers n’avait que la moitié de son âge actuel, environ 7 milliards d’années, révélant les détails de la toile cosmique, la structure à grande échelle de l’Univers.

VIMOS dans le hall d’intégration de l’Observatoire de Haute-Provence – 2000/2001 - Crédit : Service photo du LAM

En savoir plus sur VIMOS - Visible MultiObject Spectrograph

19 mai 2020, NISP (Near InfraRed SpectroPhotometer) de la mission spatiale européenne Euclid est livré à l’ESA

Après plus de 10 ans de conception, de fabrication et de tests, le spectrophotomètre proche infrarouge NISP (Near InfraRed SpectroPhotometer) a été livré mardi 19 mai 2020 à l’ESA. Deux laboratoires provençaux sont au premier plan de la réalisation de cet instrument exceptionnel à la pointe de la technologie. Il sera installé au cœur du télescope de la mission d’astrophysique européenne Euclid. Doté de la plus grande caméra infrarouge jamais envoyée dans l’espace, NISP va fournir de précieuses informations pour la recherche de la matière noire et de l’énergie sombre. NISP est le fruit d’une coopération internationale, coordonnée par la France, incluant notamment l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Danemark et la Norvège, ainsi que les Etats-Unis.

Comme son nom l’indique, l’instrument possède la particularité de pouvoir fonctionner dans deux modes différents - photométrique et spectroscopique. Spécifiquement élaborée pour répondre aux objectifs scientifiques de la mission, cette combinaison technologique permettra de mesurer très précisément les distances d’un à deux milliards de galaxies. En sondant ainsi une large partie de l’histoire de l’Univers, l’objectif de la mission Euclid est d’apporter des réponses aux deux plus grandes énigmes de la physique et de l’astrophysique du 20ème siècle : quelle est la nature de la mystérieuse matière noire, soupçonnée depuis des décennies d’être présente dans toutes les structures de l’univers et traquée depuis sous toutes ses formes ?

Illustration NISP 2 - Crédit : Euclid Consortium / LAM

La France livre le spectrophotomètre infrarouge NISP pour la mission spatiale européenne Euclid