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Remise des prix de thèse et des diplômes de Docteur Honoris Causa.

Lors de la Soirée scientifique d’Aix-Marseille Université, le Président Yvon Berland procédera à l’ouverture de cette soirée, qui sera suivie de la remise des prix de thèse et de la remise des diplômes de Docteur Honoris Causa.

Deux laboratoires de l’OSU Institut Pythéas sont concernés par cette remise de prix :

Claire ANSBERQUE se verra remettre le prix de thèse pour « Étude tectonique et géomorphologique du système de failles de Longriba, est Tibet » menée sous la direction d’Olivier BELLIER et de Vincent GODARD, enseignants chercheurs du CEREGE.

Résumé de la thèse

Ce manuscrit concerne l’analyse géomorphologique et tectonique du système de failles de Longriba (LFS). Celui-ci est localisé à l’Est du plateau tibétain, à environ 200 km au NO de la chaîne des Longmen Shan et est constitué de deux zones de failles décrochantes dextres, parallèles et d’orientation N55°E : la faille de Longriqu, au Nord, et la faille de Maoergai, au Sud. Le rôle géodynamique de ce système est primordial ; il accommode 5 ± 1 mm/an de la composante décrochante induite par la convergence oblique du bloc Aba, elle-même liée à la collision Inde-Asie. L’analyse d’images Pléiades de haute résolution (50 cm), couplée à une analyse de terrain, a permis de définir la segmentation du système et d’appréhender son comportement sismogénique Holocène. La faille de Longriqu apparaît comme une structure mature avec une vitesse de déplacement latérale de 3.2 ± 1.1 mm/an et possède un comportement sismique caractéristique. La faille de Maoergai, très segmentée, apparaît moins mature. Des variations de pendages sont observées le long de cette faille témoignant d’un pendage sub-vertical vers le NO et de son caractère hérité. L’activité décrochante de la faille de Maoergai est, d’après des reconstitutions de paléo-reliefs et des données de paléosismicité préexistantes, estimée au Miocène. L’analyse des vitesses de dénudation, par la méthode des nucléides cosmogéniques (10Be), a permis de mettre en évidence un gradient de vitesses de dénudation croissant depuis les zones de bas relief et de hautes altitudes du Plateau vers les Longmen Shan, contrôlé par le LFS. Au travers de ce dernier, les vitesses augmentent brutalement de moins de 0.1 mm/an au Nord, à 0.3-0.6 mm/an au Sud. Combinée avec une analyse morphologique, ces résultats permettent de proposer que le LFS sépare un domaine préservé de l’érosion régressive d’un domaine déjà bien incisé. Je propose d’autre part une réorganisation du réseau de drainage de la Minjiang, drainant la marge Est tibétaine, lié à la réactivation de la faille de Maoergai, c’est-à-dire au Miocène. Enfin le gradient de vitesses d’exhumation, quantifiées par des données de thermochronologie basse température, se corrèle parfaitement à celui des taux de dénudation cour terme. L’exhumation du bloc Aba se serait brutalement arrêtée autour de 100 Ma, après une rapide phase d’exhumation. Au niveau du LFS, l’exhumation est restée constante depuis 80 Ma, alors qu’au SE du LFS, l’exhumation s’est brutalement accélérée à 10 Ma probablement en lien avec une vague d’érosion régressive au sein du bassin de la Minjiang. Ces résultats supportent la présence de zones reliques de bas relief au NO du LFS, présentent à hautes altitudes avant la fin du Cénozoïque. Cette étude permet également d’envisager que la faille de Maoergai, en particulier, est active entre 10 Ma et l’actuel avec une composante verticale non négligeable.

Aurélie BLANFUNE pour sa thèse « Le changement global en Méditerranée Nord Occidentale : forêt de Cystoseires, de Sargasses, encorbellement à Lithophyllum et bloom d’Ostreopsis », menée sous la direction de Marc Verlaque et Charles-François Boudouresque, enseignants chercheurs du MIO.

Résumé de sa thèse

Dans la plupart des mers et des océans, la zone littorale est dominée par de grandes Phaeophyceae (Laminariales et Fucales) qui jouent un rôle écologique majeur dans la structuration et le fonctionnement de l’écosystème (fourniture d’habitats, de nourri ture, de frayères et de nurseries pour de nombreuses espèces). En Méditerranée, ce sont les espèces de Fucales appartenant aux genres Cystoseira C. Agardh et Sargassum C. Agardh qui sont les principales espèces structurantes du stade climacique de la végétation photophile de la zone littorale (de la surface jusqu’à 70-80 m de profondeur dans les eaux les plus claires). L’étude diachronique menée dans ce travail de thèse à partir des premières observations scientifiques exploitables (18ème siècle) est une première en Méditerranée sur autant de linéaire de côte ( 2 970 km à l’échelle 2 500ème). Les résultats obtenus par l’analyse des données historiques et actuelles de distribution des Fucales le long des côtes françaises différent suivant les espèces étudiées, aussi bien en ce qui concerne l’état de conservation des populations que les causes impliquées dans leur régression. Dans l’ensemble, les forêts de Cystoseira et de Sargassum ont régressé de façon drastique en Méditerranée française. L’écosystème a souvent basculé (regime shift) vers un état stable alternatif (Multiple Stable State) de type barren ground, caractérisé par la dominance de macrophytes calcifiés encroûtants (corallinacées) et d’oursins. Pour les espèces proches de la surface (0 - 1 m de profondeur) (C. amentacea et C. mediterranea), c’est la destruction de l’habitat, les grands rejets d’eaux usées et la charge élevée en MOP qui entraînent la fragmentation des populations et leur remplacement par des assemblages à Corallina caespitosa, Cystoseira compressa (fréquemment sous sa forme en rosette) et par des moulières. Pour les espèces de l’infralittoral de 1 à 15 m de profondeur (C. barbata, C.brachycarpa, C. compressa susp. pustulata, C. crinita, C. elegans, C. foeniculacea f. foeniculacea, C. foeniculacea f. tenuiramosa, C. funkii, C. sauvageauana, C. squarrosa, C. spinosa var. spinosa, S. flavifolium, S. trichocarpum et S. vulgare), la destruction ou la dégradation de l’habitat par les constructions gagnées sur la mer et le surpâturage par les oursins Paracentrotus lividus et Arbacia lixula et les poissons Sarpa salpa et Diplodus spp. sont les principales causes de régression. Pour les espèces plus profondes (C. foeniculacea f. latiramosa, C. funkii, C. jabukae, C. sauvageauana, C. spinosa var. compressa, C. usenoides, C. zosteroides, S. acinarium et S. hornschuchii), c’est l’altération de la transparence de l’eau et l’arrachage par les engins de pêche et les ancrages qui sont responsables de leur déclin. Juste au-dessus de la surface, au niveau de la roche médiolittorale inférieure, et dans les zones ombragées et battues, une autre espèce structurante se développe, la Florideophyceae calcifiée Lithophyllum byssoides (Lamarck) Foslie, qui peut constituer des bioconstructions monumentales, les encorbellements à Lithophyllum byssoides, qui ont été classés « habitat d’intérêt communautaire » par la Communauté Européenne. L’édification d’un grand encorbellement nécessite plusieurs siècles de relative stabilité du niveau marin. Depuis la fin du XXe siècle, ces bioconstructions sont restées stables mais leur vitalité n’a cessé de se dégrader. La régression quasi-générale des encorbellements de L. byssoides peut être expliquée par plusieurs perturbations non- exclusives : agressions mécaniques, agressions chimiques, élévation de la température, acidification et surtout montée du niveau marin. Les macrophytes sont considérés comme des éléments de qualité biologique (BQE, Biological Quality Elements) dans les outils de gestion utilisés dans le cadre de l’Union Européenne (Directive Cadre sur l’Eau). Parmi les espèces d’intérêt recensées lors de la mesure de l’indicateur CARLIT, nous trouvons les encorbellements à Lithophyllum byssoides, Cystoseira amentacea ainsi que les espèces de Cystoseira des petits fonds. L’indice CARLIT est robuste et fiable. Une version simplifiée a été proposée ainsi qu’un indice de pressions anthropiques HAPI. La combinaison des deux indices, est un très bon outil pour l’évaluation de la qualité écologique des masses d’eau et surtout pour avoir une première orientation pour améliorer l’état écologique d’une masse d’eau (savoir sur quelle pression anthropique agir).

Pour la remise des diplômes de Docteur Honoris Causa :

J. Paul ROBINSON, Professeur de cytomique au Département
de médecine vétérinaire, Professeur d’ingénierie biomédicale à l’École Weldon de génie biomédical, Professeur et Directeur du laboratoire de cytométrie Université de Purdue. États-Unis
Présenté par Gérald GREGORI

Lieu : Siège de l’université, amphithéâtre Gastaut
Adresse :

Jardin du Pharo à Marseille

Voir en ligne : Programme de la Soirée scientifique d’Aix-Marseille Université