Interview Métiers de Science

Lucilla Benedetti

Chargée de recherche CNRS au CEREGE.

Parlez-nous de votre environnement professionnel…

Je m’appelle Lucilla Benedetti et je suis chargée de recherche CNRS au CEREGE, Centre Européen de Recherche et d’Enseignement en Géosciences de l’Environnement. Je suis docteur en Géophysique Interne de l’Université Paris 7 et je fais partie de l’équipe cosmonucléides et également de l’équipe Géomorphologie et Tectonique. Je suis également co-responsable de la thématique Géodynamique et Morphodynamique Terrestre. Nos activités ont pour but de mieux comprendre comment le relief se forme à des échelles de temps allant de la centaine d’années à la dizaine de milliers d’années. Pour cela nous étudions les traces laissées à la surface terrestre par des tremblements de terre, par l’érosion des versants ou des surfaces, par des éboulements rocheux, par les crues des rivières, ou encore par les tempêtes. Nous cherchons à retrouver ces traces en remontant le plus loin possible dans le passé avec pour but de décrire les processus en jeu et de tenter de les comprendre pour ainsi mieux les anticiper. Pour cela nous utilisons toute une palette de méthodes d’observations de la surface terrestre allant des images satellites aux mesures sur le terrain et des approches pour accéder à la chronologie de ces évènements.

Quel cursus universitaire (autre) avez-vous suivi ?

J’ai fait une licence-maîtrise en Sciences de la Terre à l’Université Paris 7, puis un DEA de Géophysique Interne à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), puis un doctorat toujours à l’IPGP dans le laboratoire de Tectonique et Mécanique de la Lithosphère, après mon doctorat je suis partie en post-doctorat au Lawrence Livermore National Laboratory en Californie près de San Francisco pendant trois ans, puis j’ai obtenue un post-doctorat CNRS de deux ans au CEREGE et j’ai été recrutée au CNRS.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir chercheur ?

Ce qui m’a amené à être chercheur c’est, je crois, avant tout la liberté que procure ce métier à la fois au niveau créatif mais également dans le choix des recherches que nous menons. J’ai également été au départ attirée par la mobilité que ce métier procure, un attrait pour l’exploration du monde. J’ai choisi les Sciences de la Terre suite à un cours en fin de DEUG très général qui m’a passionnée. Au fil des rencontres avec différents professeurs et chercheurs je me suis petit à petit orientée vers les recherches que je mène aujourd’hui.

Qu’aimez-vous dans la science ?

La découverte constante, j’ai l’impression d’apprendre sans cesse de nouvelles choses, de pouvoir aborder de nouveaux concepts. J’aime aussi beaucoup le travail en équipe et avec les étudiants.

Que faites-vous au quotidien ?

Je réponds à des mails, je rédige des articles, je discute avec les étudiants, je donne des cours, je cartographie des failles à partir d’images satellites, j’analyse des données chimiques, je gère la mise en place de nouveaux équipements, je fais des commandes, j’écris des rapports, j’écris des projets pour trouver de l’argent pour faire mes recherches, je vais à des congrès, je vais sur le terrain pour échantillonner des roches que je vais ensuite analyser au laboratoire.

Quels sont vos projets de recherche pour 2014 ?

Mes projets de recherche portent sur l’étude de l’histoire sismique des failles en Méditerranée et en 2014 je vais en particulier démarrer l’étude de nouvelles failles en Italie, en Grèce et en Turquie avec un doctorant qui commence sa thèse cette année. Je m’intéresse également au devenir du chlore 36, un radionucléide radioactif, dans l’environnement, je vais poursuivre ce projet avec une autre doctorante sur ce sujet. Je vais enfin poursuivre divers projets sur les reliefs et les failles actives en Méditerranée et en particulier en Slovénie.