Accueil du site > Presse et Grand Public > Diffusion de la culture scientifique > Art & sciences > L’Institut Pythéas partenaire de l’exposition inaugurale du FRAC « La Fabrique (...)

L’Institut Pythéas partenaire de l’exposition inaugurale du FRAC « La Fabrique des possibles »

Du 23 mars au 26 mai 2013 au FRAC

La collaboration de l’Institut Pythéas avec des artistes d’art contemporain pourrait surprendre mais ces rencontres entre l’art et la science sont pourtant très fréquentes. Elles sont l’occasion de croiser les regards, d’échanger… et bien souvent d’offrir aux publics – de nouveaux publics - une autre vision de nos sujets de recherche.
En effet, nos chercheurs observent le monde qui nous entoure pour l’étudier, le comprendre. Les artistes observent ce même monde pour nourrir leur créativité. Ainsi, nous observons la même chose et nos « imaginaires » respectifs nous en offrent des visions diverses et multiples.
Aussi, croiser nos regards ne peut être que source d’enrichissement.

C’est dans cet esprit que nous avons débuté cette aventure, en collaboration avec l’équipe du Fonds Régional d’Art Contemporain de Provence Alpes Côte d’Azur, en invitant un certain nombre d’artistes à venir nous rencontrer sur nos sites de recherche pour leur faire découvrir les sujets scientifiques de nos équipes.

Cet exercice est des plus enrichissants car, si nous faisons souvent appel à des artistes pour illustrer certaines de nos recherches afin d’en faire une représentation réaliste, ou pour les rendre visibles quand nous n’avons que des données physiques, il s’agit dans ce cas de tout autre chose : livrer nos univers de recherche aux regards des artistes et les laisser produire, créer, imaginer leur propre représentation. Nous les avons ainsi invités à venir nourrir leur imaginaire de nos univers afin qu’ils offrent à « leur public » leur regard sur nos recherches.
Oui, « leur public », une manière de dire que par cette approche nous allons aussi à la rencontre de nouveaux publics, le public des galeries d’art, des expositions d’art contemporain, des publics qui ne sont pas forcément coutumiers des expositions scientifiques…

Ainsi, pour nous, la « Fabriques des possibles » au-delà de la richesse des échanges entre artistes et scientifiques, c’est aussi une occasion de « fabriquer » des liens … et faire ainsi découvrir certaines facettes de nos recherches à de nouveaux publics.

Des Artistes, Des chercheurs, Des labos, Des œuvres …

C’est donc dans ce contexte qu’a débuté la collaboration entre la plasticienne Bettina Samson et Frédéric Zamkotsian, chercheur CNRS au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM). Les œuvres en verre réalisées par Bettina Samson dans le cadre de l’Atelier de l’EuroMéditerranée qui résultent de cette rencontre ont tout d’abord été inspirées par des images obtenues lors de tests de systèmes optiques dédiés à l’instrumentation pour les missions spatiales. Bettina Samson s’est ensuite attachée à la réalisation d’une sculpture plus complexe, basée sur une carte tridimensionnelle de la répartition de la matière noire dans une zone de l’Univers. Son travail offrira ainsi au public la possibilité de découvrir deux axes importants des recherches menées au LAM.

Sur le volet astrophysique également, l’artiste Evariste Richer a travaillé en lien avec l’équipe patrimoine de l’Institut Pythéas et le LAM. Il s’est plongé dans les anciens atlas du ciel et dans nos archives. Le sondage « la carte du ciel austral » réalisé par les télescopes de l’ESO au Chili lui a inspiré le premier volet de son installation intitulée « Le Grand Miroir Noir » qui, à terme, représentera l’ensemble de la voute céleste. Ce premier chapitre de l’œuvre, composée de 606 tirages argentiques dont l’encadrement sous plaques de verre évoque les négatifs originaux tirés sur des plaques de Schmidt, est une fresque monumentale reconstituant le ciel austral inversé (ciel de l’hémisphère sud -20°/-90°).

L’œuvre réalisée par Yannick Papailhau se compose de « moments de vie » de « ressentis », de rencontres imaginaires... En fait, l’œuvre, inspirée d’un séjour à l’Observatoire de Haute Provence, est une structure de trois mètres de haut sur cinq mètres de long et trois mètres de large, contenant sept racks placés sur des rails. Les racks constituent autant de tiroirs de rangement permettant de consulter un certain nombre de documents et d’œuvres. Yannick Papailhau nous invite ainsi, non sans humour, à un voyage entre réalité et imaginaire sur ce site d’observation pluridisciplinaire du CNRS – de l’astronomie aux sciences de la Terre.

Nicolas Floch’ pour sa part, nous conduit au fond des mers. Cet artiste, passionné de récifs artificiels, s’est intéressé au Japon où, dès le 17e siècle, il était coutume d’immerger dans les profondeurs du littoral des structures pour créer des récifs artificiels. Puis, dans le cadre de l’exposition « La fabrique des possibles », il s’est logiquement rapproché de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie, pilote du volet scientifique du programme conduit par la ville de Marseille sur la création des récifs artificiels. Il a ainsi travaillé avec Sandrine Ruiton, Maitre de conférences à l’Université d’Aix-Marseille. Son œuvre, fruit de ses recherches, représentera évidemment des récifs artificiels.

Et, pour l’artiste Marc Étienne, cette plongée au cœur de nos recherches lui a inspiré un « laboratoire virtuel »… A suivre donc !!!

Voir en ligne : FRAC - Fonds Régional d’Art Contemporain / Provence-Alpes-Côte d’Azur