Interview Métiers de Science

Isabelle Laffont-Schwob

Maître de conférences à l’Institut Méditerranées de Biodiversité et d’Ecologie Marine et continentale.

Parlez-nous de votre environnement professionnel

Mon nom est Isabelle Laffont-Schwob. Je suis enseignant-chercheur à l’Université d’Aix-Marseille depuis 2000. J’ai rejoint l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale en 2008 dans lequel je dirige l’équipe Ecotechnologies et Bioremédiation. L’objectif de nos recherches est de mieux comprendre les impacts des pollutions sur les écosystèmes (écotoxicologie) pour apporter des solutions écologiques adaptées (bioremédiation) visant à réduire ou stabiliser les polluants tout en préservant la biodiversité.

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir Maître de conférence ?

La curiosité est un vrai moteur pour moi. C’est aussi, peut-être un vieux rêve utopique d’enfant de faire quelque chose pour la planète. Au cours de mes études, par des rencontres avec des chercheurs passionnés, l’idée de pouvoir apporter ma contribution à la recherche a germée. Je suis reconnaissante aux personnes qui m’ont soutenues dans ma démarche car je ne regrette vraiment pas ce choix de carrière.

Quel cursus universitaire (autre) avez-vous suivi ?

J’ai commencé par un DEUG B Sciences de la Nature et de la Vie à l’université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand mais j’étais déjà très attirée par le monde végétal. A l’université Sainte-Clotilde à la Réunion j’ai obtenu ma licence et ma maîtrise en chimie et biologie végétales en milieu tropical qui m’ont ouvert la porte du métabolisme végétal et de ces richesses. En faisant un DEA de biologie option Phytomorphogenèse et Productions Végétales, j’ai pu faire une détour par la biologie moléculaire et la physiologie végétale. Cela a abouti à une thèse en écophysiologie tropicale à nouveau à l’université Blaise Pascal et la découverte des symbioses racinaires et de la lutte biologique.

Qu’aimez-vous dans la science ?

Le fait que les activités soient très diversifiées me plait particulièrement. Elles vont de l’acquisition de savoirs par la lecture du fruit du travail des collègues et par l’expérimentation et l’analyse de ses propres travaux jusqu’à la transmission du savoir sous la forme des cours académiques ou d’intervention grand public. Le travail de terrain et celui de laboratoire apportent des visions complémentaires. Enfin, le fait de devoir remettre en question ses acquis pour avancer est très stimulant.

Que faites vous au quotidien ?

De la gestion de l’équipe (avec la répartition du budget, les dossiers administratifs, les bilans, etc....) au montage de projets de recherche et à l’analyse de données, je passe beaucoup de mon temps devant l’écran de mon ordinateur. Mon travail de recherche me permet d’être aussi souvent sur le terrain (certes souvent pollués mais à forte biodiversité) et dans le laboratoire. Tout ce travail se fait à l’échelle locale (avec des partenaires privés, les services de l’état, des associations et des scientifiques d’autres équipes) mais aussi à l’échelle nationale et internationale avec des interactions et des échanges avec des scientifiques de nombreuses disciplines et de nombreux pays. Cela permet de prendre du recul sur la portée de son travail et de mieux avancer.

Quels sont vos projets de recherche pour 2014 ?

Après avoir participé au diagnostic sur la dispersion de la pollution sur le massif de Marseilleveyre (Parc National des Calanques), je souhaite poursuivre mes recherches sur des solutions écologiques de confinement de la pollution (thèse en cours) et avec des collègues en chimie et en droit de l’environnement, en sociologie, en urbanisme, en santé humaine et en histoire de l’industrie, mener une réflexion plus large sur les outils de gestions des sols pollués dans le bassin méditerranéen. Grâce aux collaborations de mon équipe avec de nombreux pays du bassin méditerranéen, j’aimerais élargir cette réflexion à une échelle plus globale et qu’ensemble on puisse partager nos savoir-faire pour une meilleure gestion de la pollution.