Accueil du site > Recherche > Colloques > Intégrer les savoirs traditionnels pour un développement durable au (...)

Axe USAGES

Intégrer les savoirs traditionnels pour un développement durable au Maroc

Depuis plusieurs décennies, le Maroc est devenu un terrain propice aux initiatives de développement. Ces politiques ont incontestablement contribué au développement du tissu économique du pays, à la mise en place d’infrastructure, de programmes d’éducation, et d’éradication de la pauvreté dans les villes et les régions les plus accessibles. Cependant ces initiatives ne comblent pas forcement les communautés les plus démunies dans les régions isolées du pays. A travers sa recherche, l’auteur propose d’explorer le cas de communautés Berbères du Haut Atlas. Elle suggère que la réalisation d’un développement socio-économique dynamique et une gestion durable des ressources naturelles repose indéniablement sur une intégration et une reconnaissance des savoirs traditionnels dans le tissu du développement local.

Dr Bernadette Montanari est ethnobiologiste, ethnobotaniste. Ses travaux sont profondément attachés au développement communautaire, l’entreprise et la justice sociale et ce depuis ses premiers travaux de recherche sur le terrain dans le haut Atlas Marocain en 2004. Sa recherche initiale dans la région a analysé les chaines de commerce des plantes aromatiques depuis la récolte jusqu’aux points de vente, pour démontrer les alternatives de commercialisation afin de retenir les bénéfices pour les populations locales. Au nom des communautés, elle a mené des recherches durant une année sur les huiles essentielles, les réseaux sociaux et marketing dans un contexte où le gouvernement marocain avait lancé plusieurs projets de développement « participatifs », y compris un projet pour la distillation d’huile essentielle. Cette recherche a été le point de départ pour son doctorat en Ethnobiologie à l’Université du Kent. Sous la supervision du professeur Roy Ellen et grâce à des subventions de la Fondation Gen, le fonds pour les femmes diplômées (FfWG), et une bourse de Radcliffe-Brown & Firth (Royal Anthropology Institute) et la Fondation John Ray, elle a poursuivi ses travaux de recherches dans le Haut Atlas pendant deux ans. Soucieuse d’analyser de façon critique les mécanismes de mise en œuvre du projet, et d’identifier les principaux facteurs pour son exécution et de localiser les blocages qui pourraient empêcher la réalisation du projet, ses travaux de recherche se sont concentrées sur : les directives de gouvernance descendante, la compréhension et la perception de la communauté du projet et leur volonté de participation. Elle a démontré qu’il était difficile d’exécuter un projet lorsque la communauté n’avait aucune représentation politique. Ses recherches ont démontré que l’organisation de la communauté et les savoirs traditionnels des femmes étaient essentielles pour l’exécution du projet. Rattachée au LPED à Marseille en tant que chercheure associée et au Centre de Diversité Biologique de l’Université de Kent, une bourse Marie-Curie Sklodowska lui a récemment été attribuée, financée par l’Union Européenne (2015-2018). Son projet de recherche analysera le rôle des savoirs traditionnels des femmes rurales au Maroc dans les dernières initiatives du Maroc Plan Vert. Elle travaillera en collaboration avec le « Social Dimensions of Environmental Policy » (SDEP) à l’Université de l’Illinois à Urbana Champaign (USA) et avec l’Institut International des Sciences Sociales aux Pays-Bas.

Lundi 15 juin 2015 - De 14h à 16h

Salle de réunion du LPED
Aix-Marseille Université
Site Saint Charles
Bâtiment 8, 3ème étage

Contact

Amélie Salmon, chargée de communication au LPED

Lieu : Aix-Marseille Université
Adresse :

Salle de réunion du LPED
Site Saint Charles
Bâtiment 8, 3ème étage