Bénédicte Gastineau

Démographe au LPED

Présentez-vous ainsi que votre environnement professionnel

Je m’appelle Bénédicte Gastineau et je suis démographe à l’Institut de Recherche pour le Développement au Laboratoire-Population-Environnement de l’AMU. Le LPED est un laboratoire qui regroupe des chercheurs de disciplines très différentes : écologie, agronomie, géographie, sociologie, etc. C’est donc dans cet environnement, singulier pour un démographe, que je mène mes recherches qui portent essentiellement sur les évolutions démographiques en Afrique autour des questions de la fécondité, du genre et du lien entre environnement et population.

Quel cursus universitaire (autre) avez-vous suivi ?

Après un cursus en sociologie à l’université de Nantes puis à l’université de Paris Ouest, j’ai obtenu un doctorat de démographie. J’ai été recrutée ensuite à l’IRD où j’exerce depuis 2002.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir chercheur/ingénieur ?

Je ne suis pas venue à la recherche par vocation mais presque « par hasard ». Mon cursus universitaire a été marqué par des rencontres avec des enseignants, des chercheurs qui m’ont passionnée et qui, petit à petit, m’ont emmenée vers la recherche. Je pense à Maria Cosio-Zavala (Université Paris-Ouest) qui m’a initiée à la démographie et à Michel Picouët (IRD) qui m’a accompagnée pour mes premières enquêtes dans les oasis tunisiens. Ce sont ces chercheurs et quelques autres qui m’ont donné le goût de la recherche.

Qu’aimez-vous dans la science ?

La découverte…En sciences sociales, la recherche peut ressembler à une longue enquête… A l’IRD, j’ai eu l’opportunité de passer de nombreuses années en affectation dans des centres de recherches africains : en Tunisie, à Madagascar et aujourd’hui au Bénin. Chaque terrain est une nouvelle aventure scientifique : de nouvelles questions, des rencontres stimulantes,passionnantes ou émouvantes avec des hommes et des femmes que l’on enquête mais aussi des angoisses face à une page blanche au moment de rédiger une publication.

Que faites-vous au quotidien ?

Je suis en affectation au Bénin depuis plus de trois ans. Je partage donc mon quotidien avec des chercheurs béninois du Centre de Formation et de Recherche en matière de Population de Cotonou (CEFORP). Quand je ne suis pas dans mon bureau, je fais du « terrain », des enquêtes quantitatives et qualitatives à Cotonou ou à Djougou, dans une commune rurale du Nord Bénin.

Quels sont vos projets de recherche pour 2014 ?

Mon affectation au Bénin se termine en septembre2014. En juin, je retrouve le LPED pour continuer des recherches sur l’Afrique.

Sur un volet plus personnel, pourriez-vous en 4 ou 5 lignes parler d’un livre, d’un film, d’une visite que vous avez particulièrement apprécié.

« Le meilleur des mondes » d’Aldoux Huxley (1931)…un monde où la croissance démographique est totalement contrôlée, où la reproduction sexuée telle qu’on la conçoit a totalement disparu, où la famille, la maternité et le mariage n’existent plus…un roman qui nous rappelle que les questions démographiques dépassent largement le champ scientifique, qu’elles sont des questions éminemment politiques…un classique à recommander à tous les apprentis démographes.