Anne Costille

Ingénieure de recherche au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille.

Présentez-vous ainsi que votre environnement professionnel...

Je m’appelle Anne Costille et je suis ingénieure de recherche au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille. Je suis spécialisée en optique et intégration d’instruments aussi bien pour le spatial que pour le sol. Je fais partie de l’équipe « essais » qui gère les moyens d’essais (tests en condition de vide thermique, vibrations, etc.) du laboratoire et permet de tester des instruments spatiaux dans des conditions proches de celles de l’espace. Je suis responsable au sein de cette équipe de la gestion des activités liées aux tests optiques des instruments.

Quel cursus universitaire (autre) avez-vous suivi ?

Après mon bac S, j’ai suivi des cours en classe préparatoire aux grandes écoles. J’ai ensuite passé le concours pour rentrer à l’école supérieure d’optique à Orsay. Suite à un stage de fin d’études dans le milieu de la recherche et après l’obtention de mon diplôme, j’ai choisi de faire une thèse sur l’optique adaptative au sein de l’ONERA à Châtillon dans l’unité de Haute Résolution Angulaire. J’y ai donc découvert à la fois le métier d’ingénieur, mais aussi celui de chercheur ce qui m’a confirmé dans le choix de mon métier.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir chercheur/ingénieur ?

J’ai voulu devenir ingénieure suite à une discussion avec un chercheur. En effet, alors encore en terminal, j’ai eu l’occasion de rencontrer un chercheur en biologie qui m’a expliqué les différents métiers de la science. Je souhaitais à l’époque orienter mon avenir dans le domaine de l’astronomie sans trop connaître les possibilités de carrière. Lors d’un salon étudiant, j’ai découvert la formation de l’école supérieure d’optique qui m’a donc beaucoup intéressée car j’y voyais une opportunité de travailler en astronomie, mais sur des aspects plus techniques, ce qui me convenait mieux. La suite de mon cursus m’a naturellement orientée vers un profil d’ingénieure plutôt que de chercheur ce qui me correspond, je pense, assez bien.

Qu’aimez-vous dans la science ?

Ce que j’aime dans la science est le fait que l’on doit expérimenter, tester pour prouver que ce qu’on pense est vrai. Le test n’est pas toujours facile et réussi, il peut prendre parfois beaucoup de temps pour donner un résultat. C’est néanmoins une étape importante et intéressante de la démarche scientifique. L’intérêt de la science pour moi est ce bouillonnement quotidien et la remise en question régulière des théories. C’est un domaine enrichissant où l’on découvre très souvent de nouvelles choses et de nouvelles techniques.

Que faites-vous au quotidien ?

J’ai un travail quotidien assez varié et qui dépend des différentes phases du projet sur lequel je travaille. Actuellement, je fais beaucoup de rédaction de documents pour justifier des travaux que nous ferons par la suite et de la possibilité ainsi que de la faisabilité de réaliser les prochaines étapes des projets. Je réalise aussi des tests des moyens de mesures que nous souhaitons utiliser dans les projets au cours des phases de validation de l’instrument. Je m’apprête à partir dans quelques semaines au Chili, pour réassembler un instrument sur un télescope. J’ai donc l’occasion d’alterner à la fois un travail bureautique, où je peux faire un peu de recherche et de développement sur des nouvelles techniques, ainsi qu’un travail en laboratoire pour tester et valider un instrument.

Quels sont vos projets professionnels pour 2014-2015 ?

L’année 2014 est assez importante professionnellement, car elle marque l’aboutissement d’un projet sur lequel j’ai travaillé pendant plus de 4 ans. Je pars en effet le mois prochain pour installer au Chili, sur le Very Large Telescope, l’instrument SPHERE pour la détection et la caractérisation de planètes extrasolaires. Le travail de réassemblage de l’instrument au Chili ainsi que sa validation va durer plus de deux mois. J’ai donc la chance de participer à cette étape cruciale du projet et de pouvoir finaliser le travail que j’ai mené pendant 4 ans. A mon retour en France, je reprendrai mes activités sur un autre projet, l’instrument EUCLID –NISP, un télescope spatial qui sera intégré dans les prochaines années au LAM. Je vais donc me concentrer plutôt sur les phases amonts du projet et démarrer les premiers tests sur des sous-composants de l’instrument.

Sur un volet plus personnel, pourriez-vous en 4 ou 5 lignes parler d’un livre, d’un film, d’une visite que vous avez particulièrement apprécié.

C’est peut-être un peu facile, mais comme c’est mon domaine je pense au film « Contact » tiré du livre du même nom. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une source d’inspiration, mais ce film m’a permis de me plonger dans l’univers dans lequel je souhaite apporter « une lumière » grâce aux instruments que j’aide à fabriquer. J’ai une préférence pour le livre, plus détaillé et un peu plus réaliste sur certains points. J’aime particulièrement l’ambiance retranscrite dans le livre aussi bien l’ambiance de travail que la partie un peu fantastique. Je ne fais pas mon métier dans le but de « trouver » des extraterrestres ou de démontrer leur existence, mais c’est forcément une question qu’on se pose en tant qu’être humain…

JPEG - 30.2 ko
Pendant le démontage de SPHERE